Selon le rapport annuel de Norton/Symantex sur les cyber-risques, environ un français sur deux (47%) a déjà été confronté à la cybercriminalité alors que ce chiffre ne s’élève qu’à deux individus sur cinq en Europe. Le spécialiste des antivirus a mené son enquête auprès de plus de 17 000 consommateurs dans le monde dont 6000 en Europe et en France. Voici les conclusions que l’on peut tirer de ce sondage.

 

Une multitude de cybercrimes

Le premier chiffre étonnant qui ressort de cette enquête est le suivant : 19h. C’est le temps que les français ont passé à gérer les conséquences de la criminalité en ligne. Parmi les victimes interrogées, un français sur dix (12%) a été touché par un ransomware (logiciel de rançon qui prend en otage des données personnelles) et 20% des français se sont également fait dérober ses données bancaires à la suite d’un achat en ligne. Il est intéressant de noter qu’au moins 15% des français sondés ont appris leur piratage d’une entreprise ou de l’administration.

« Après des années de pédagogie, les utilisateurs ont toutefois beaucoup plus conscience des dangers en ligne », déclare Laurent Heslault, le directeur des stratégies de sécurité de Symantec. Cependant, tout le monde n’est pas au même niveau.

 

Les ados, cible privilégiée des organisations mafieuses

La cybercriminilité touche plus la jeune génération, qui est plus connectée, que l’ancienne génération moins habituée aux usages d’Internet et plus méfiante. Considérés comme vulnérables aux cyberattaques, les mineurs sont souvent la cible privilégiée des pirates informatiques. Les organisations mafieuses s’adaptent aux usages des ados et commettent plusieurs exactions en ligne : vol de données personnelles au retrait de l’argent de poche (via le paiement sans contact de leur mobile) en passant par le cyberharcèlement. Ces organisations mafieuses viennent principalement d’Europe centrale et multiplient leurs méfaits.

« Les 9-14 ans doivent être particulièrement encadrés et accompagnés par leurs parents sur ce sujet, qui touche toutes les classes sociales » souligne Frans Imbert-Vier, PDG d’Ubcom et expert en cybersécurité informatique.

La captation d’identité numérique est le type d’attaque le plus recensé. Pour ce faire, les pirates utilisent des portails clones des services utilisés par les jeunes. Le but étant de récupérer leurs données personnelles qui sont revendues à des fins publicitaires. Concrètement parlant, des messageries comme celle de Snapchat (très populaire chez les ados), sont dupliquées sur des applis ou des sites miroirs et « certains cybercriminels s’en servent pour du harcèlement, du chantage et de l’extorsion de fonds » précise Frans Imbert-Vier.

Le développement du paiement sans contact représente aussi du pain béni pour les pirates. Les pickpockets informatiques sont équipés de capteurs capables d’effectuer des micro-transactions (moins de 20 euros) en passant à côté des jeunes dans les transports en commun ou à la sortie des écoles.

Pour protéger les ados, il est tout à fait possible de leur enseigner quelques règles de bon sens de la cybersécurité informatique : adopter des mots de passe complexes et différents pour chaque réseau social, activer la double authentification quand elle est proposée, se doter d’un VPN (Virtual Private Network) et couper les fonctions sans contact, comme le NFC (Near Field Communication ou Communication en champ proche en français), lorsqu’elles ne sont pas nécessaires.



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